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V4, V5, V6 … pas de panique


V4, V5, V6 … pas de panique


Dassault Systèmes a annoncé fin mai la version 6 de ses solutions de CAO, de calcul, de simulation, d’usine numérique et de gestion de données techniques : tous les composants de l’offre PLM (Product LifeCycle Management – Gestion du cycle de vie du produits) de l’éditeur français vont y passer et en premier lieu, pour ce qui nous intéresse, son logiciel phare Catia.
Par version, on entend ici version majeure : il ne s’agit donc pas d’une simple mise à jour – ou release Rnn -  comme il en existe fréquemment Cela signifie par exemple que, chez Dassault Systèmes, des équipes de développement distinctes vont travailler sur Catia V5 – qui continuera en toute logique à évoluer quelques années – et sur Catia V6. Pour montrer l’importance d’une nouvelle version, on peut aussi se souvenir que la V5 a été lancée officiellement il y a dix ans !
Il ne faut pas être savant pour comprendre qu’il y avait une V4 avant la V5, mais ceci est d’autant plus vrai que demeurent une offre et une demande en termes de compétences Catia V4, en particulier dans les industries automobile, aéronautique ou ferroviaire. Certains projeteurs (ses) et dessinateurs (trices) savent aussi que leur expérience de cette version ne leur ouvre que très rarement la porte des sociétés équipées de la version 5.
Aujourd’hui, c’est sans doute une plus grande communauté « Catia » qui se pose des questions : que va-t-il se passer pour la V6 et quand cela va-t-il se passer ? Mes compétences V5 auront-elles de la valeur ?


V4 – V5 : la révolution …

Il y a dix ans, la V5 a constitué une rupture considérable dans les concepts même de Catia. Le logiciel passait en effet d’un mode de conception explicite, essentiellement basé sur les surfaces, à une modélisation paramétrée, très axée sur le volumique. On pouvait même considérer que les deux logiciels étaient complètement différents. En toute logique, le nom du logiciel aurait presque dû changer !
La première conséquence fut que la migration se déroula très lentement. Si on prend l’exemple de l’industrie automobile, le passage à la V5 s’est étalé sur plusieurs années. Plus l’entreprise avait un parc V4 important, c’était le cas de PSA et par voie de conséquence des équipementiers et des entreprises sous-traitantes, plus il était difficile de passer à la V5 : problèmes de reprise des modèles, développements « maison » à réécrire, formation du personnel, etc.. Les grandes entreprises ont donc pris leur temps.
La seconde conséquence était justement liée à la formation : pour former un(e) opérateur(trice) Catia V4 à Catia V5, pas question de considérer qu’il s’agissait d’une « mise à niveau ». Philosophie, méthodologie, commandes, interface : tout changeait. Je dirigeais alors un centre de formation et nous considérions qu’il était plus facile de former à Catia V5 quelqu’un ayant une expérience Pro/ENGINEER car les concepts étaient les mêmes.
Les entreprises ont généralement assuré la formation des utilisateurs en poste. Ce fut un peu plus difficile dans la sous-traitance d’études et cela explique que des compétences V4 ont eu du mal à trouver un employeur.


V5, V6 : en douceur

On pourrait se dire que les grands industriels prendront encore leur temps pour passer à la V6. Je ne le pense pas, même si on sent chez eux un certain scepticisme - le mot est sans doute gentil - après les efforts auxquels ils ont été contraints pour la migration précédente.
Pour les industriels qui garderont leur confiance dans l’éditeur Dassault Systèmes, le logiciel Catia V6 pourrait être adopté plus rapidement. Pour autant, cela doit rassurer ceux et celles qui travaillent en V5 ou ont une expérience sur cette version.
En effet, il n’y a pas cette fois de rupture technologique pour la CAO : Catia V6 conserve le concept de modeleur paramétré et les utilisateurs(trices) V5 ne devraient pas être perdu(e)s devant un modèle V6. Pour entrer un peu dans la technique disons que le principal changement CAO va se trouver dans la gestion des assemblages : ceux-ci seront gérés en dehors de Catia, dans le système de Gestion de Données Techniques Enovia. Certes l’interface utilisateur sera un peu transformée, mais les changements dans ce domaine vont toujours vers plus d’intuitivité. On trouvera aussi un peu d’édition « dynamique » - et sans doute même un peu plus dans les « releases » suivantes - car Dassault Systèmes doit bien montrer qu’il ne se laissera pas dépasser par la « Synchronous Technology » de Siemens PLM Software. Mais là aussi, l’édition directe des modèles nécessite moins d’apprentissage qu’un travail sur un historique de construction.
Ne me faites pas dire que la V6 n’apporte aucun changement. Simplement, et c’est naturellement un grand raccourci que je fais ici, les évolutions se feront sur la notion de travail collaboratif et l’accès aux modèles et assemblages à travers l’Internet, ce que l’éditeur appelle le PLM 2.0 par analogie avec le Web 2.0.
Je fais ici une petite parenthèse : les centres de formation ne devraient pas toucher le même jackpot que pour la migration V4-V5 : on devrait passer à la V6 par une simple mise à niveau, si on s’en tient naturellement à la CAO.


Et la V4 ?

Pour ceux qui travaillent encore sur cette version, il y a fort à parier que ce n’est plus pour très longtemps et que leur entreprise passera prochainement à un autre logiciel, qu’il soit ou non du même éditeur.
Pour ceux qui ne sont pas en poste, je vois deux opportunités.
De nombreuses industries ont à maintenir des très vieux modèles pendant des décennies (je pense au transport ferroviaire ou à l’aéronautique) et ne peuvent souvent le faire qu’avec la CAO d’origine. Les compétences V4 se feront de plus en plus rares. Et tout ce qui est rare …
Enfin, tous ceux qui n’ont pas aujourd’hui d’expérience de CAO paramétrée devraient saisir les occasions proposées par les éditeurs CAO « milieu de gamme ». Ces derniers proposent des versions d’essai de leurs logiciels, utilisables quelques semaines. C’est même un an pour le nouveau Autodesk Inventor LT, limité à de très petits assemblages. Le travail sous SolidWorks, Solid Edge, TopSolid ou Inventor est très proche du travail sous Catia V5 ! De telles occasions de se faire la main ne doivent pas être négligées !



Denis LOURME
Directeur du portail CAO.fr




Dernière mise à jour: 24/07/2009 - 11:24 AM