bandeau image

>>Se préparer au salon de recrutement
>>Etudiants : les éditeurs CAO vous bichonnent
>>V4, V5, V6 … pas de panique
>>Recherche futur(e)s responsables PLM
>>3D : Où va l’architecture ?
>>« historique contre dynamique » : ce qui va changer dans la CAO mécanique
>>LE CV, C’est Vital !
>>La 3D pour tous : de nouvelles opportunités pour les concepteurs
>>Formation CAO : bousculons quelques idées reçues
>>Travail collaboratif : « Optimiser le court terme pour compresser le long terme »
>>Travail collaboratif : Les sous-traitants, souvent des PME, suivent-ils ?
>>Travail collaboratif : Trois exemples, un même objectif
>>Zoom sur l’ISMAN, l’école de la conception.
>>Présentation de Bombardier Transport
>>L'apprentissage dans les formations d'ingénieurs
>>Club francophone des utilisateurs de Catia.
>>Vers un campus numérique en mécanique
>>Les universités d'été
>>Le travail collaboratif
>>Les IUP, des formations qualifiantes et appliquées
>>Zoom sur Calais


 
Se préparer au salon de recrutement   



Préparer sa venue à un salon de recrutement

 

Se rendre à un salon de recrutement c’est bien, mais encore faut-il avoir l’art et la manière de se présenter aux recruteurs. Une visite, ça se prépare !

 

La visite d’un salon ça se prépare !

  • Avant le salon, renseignez-vous sur le lieu, les horaires et les modalités d’accès (inscription, tarifs…), les entreprises présentes, les postes proposés... Prévoyez votre trajet à l’avance pour ne pas être pris au dépourvu le jour J.
  • Sur un salon, vous allez rencontrer des recruteurs et peut-être commencer les entretiens de recrutement. Pensez donc à apporter un nombre suffisant  de CV mis à jour pour pouvoir les distribuer à un maximum de personnes. Imprimez-en au moins autant d’exemplaires que de recruteurs que vous comptez rencontrer.
  • Préparez votre discours. Les recruteurs ont horreur des candidats qui n’ont pas de projet professionnel ! Documentez-vous sur les entreprises qui vous intéressent et les postes à pourvoir.
  • Choisissez une tenue vestimentaire professionnelle, un costume si vous êtes un homme, un tailleur si vous êtes une femme. N’oubliez pas que vous allez rencontrer les recruteurs, vous devez faire bonne impression !

 

Le jour J, soyez professionnel !

  • Avant de vous lancer à l’assaut des stands sachez où vous rendre. Pour cela, étudiez le catalogue et le plan du salon qui vous sont généralement remis à l’entrée afin de cibler les entreprises que vous souhaitez rencontrer.

 

  • Sur un salon, le CV ne fait pas tout. L’attitude que vous devez adopter doit aussi convaincre les recruteurs de votre motivation et de votre dynamisme. N’ayez pas l’air d’un touriste, mais soyez souriant, décidé et n’hésitez pas à aller serrer des poignées de main !
  • Gardez toujours à l’esprit que les recruteurs commencent à vous présélectionner dès le début de votre conversation. Comportez-vous comme pour un entretien de recrutement, soyez convaincant et cherchez à vous renseigner sur la société en questionnant le recruteur. « Quels sont les postes proposés ? Quelles sont les compétences nécessaires pour intégrer l’entreprise ?... »

  

  • N’hésitez pas à demander les coordonnées des personnes que vous avez rencontrées et demandez-leur s’il vous est possible (et quand) de les recontacter après le salon.

 

Après le salon, faites un suivi de vos démarches :

A la suite du forum, laissez quelques jours aux recruteurs pour faire le bilan du salon et trier les candidatures qui les intéressent. Si vous avez leurs coordonnées vous pouvez recontacter le DRH par mail ou par téléphone en lui rappelant dans quelles circonstances vous vous êtes rencontrés.


 
Forums de recrutement : comment se préparer
France5.fr

http://www.lesjeudis.com/emploi-experimente/reussir-recherche-emploi/les-salons-recrutement-262.html
En tenue professionnelle, armé de vos CV, le sourire aux lèvres et gonflé à bloc... Vous êtes prêt à rencontrer les entreprises. Les discussions de quelques minutes qui s'installent avec les recruteurs sont décisives. L'entretien d'embauche a déjà commencé. Les salons de recrutement sont l'occasion de provoquer un contact direct avec un DRH. Pour mettre toutes les chances de son côté, voici quelques conseils.
Avant la tenue du forum. Préparez votre venue. Renseignez-vous sur la liste des entreprises présentes en surfant sur le site Internet de l'organisateur. Cherchez des informations sur celles qui vous intéressent (activités, postes à pourvoir...) et aiguisez ainsi vos argumentaires. Prévoyez autant de CV que de personnes à contacter. Faites imprimer quelques cartes de visite. Faites attention à votre look ! C'est moins le CV que l'impression que vous donnez qui est important.
Pendant le forum. Soyez professionnel. Poignée de main, sourire, attitude... N'agissez pas comme un touriste en goguette. Vous devez adopter une attitude qui donne envie de travailler avec vous : motivée, décidée, dynamique ! Ignorez le monde autour de vous. La sono du salon est trop forte, les candidats attendent derrière vous pour parler au recruteur, vous préféreriez discuter assis plutôt que debout... Prenez-en votre parti. Même si l'endroit ne correspond pas à celui que vous vous faites de l'entretien de recrutement, ce dernier a pourtant bel et bien commencé. Valoriser votre candidature c'est bien, chercher à comprendre les besoins du recruteur c'est mieux. L'aspect informel du salon facilite ce genre de questions : "quels profils cherchez-vous exactement ?, "combien de personnes recrutez-vous ? ", "quelles compétences sont nécessaires pour travailler dans votre entreprise ?". A l'issue de cette conversation de quelques minutes, le recruteur sait déjà s'il vous rappellera ou non pour un entretien approfondi. De votre côté, demandez-lui ses coordonnées et cherchez à savoir quand vous pouvez le relancer.
Après le forum. Laissez passer quelques jours (pas plus d'une semaine) pour recontacter le recruteur par mail ou par téléphone. Et si votre candidature n'a pas été retenue, retentez votre chance plus tard.

 

  

retour en haut de page
 

 
Etudiants : les éditeurs CAO vous bichonnent   



Etudiants : les éditeurs CAO vous bichonnent

Vous êtes étudiant, donc … jeune. Vous savez que télécharger quelque chose illégalement peut coûter très cher, et cela vaut aussi et surtout pour les logiciels (encore plus pour les entreprises !). A l’heure où les lycées, universités et autres écoles des filières techniques vont bientôt ouvrir leurs portes, il est bon de rappeler que les étudiants qui souhaitent « réviser » la CAO chez eux peuvent pourtant le faire pour un prix modique, parfois même gratuitement, sans risquer de tomber sous le coup de la loi !
Avant de passer en revue quelques exemples, essayons de comprendre l’intérêt de pouvoir pratiquer librement la CAO pendant ses études.
Des motivations pédagogiques et commerciales
Le nombre d’heures consacrées à la CAO est forcément limité dans le cadre d’un enseignement et l’accès aux postes est le plus souvent restreint, sinon d’un point de vue logistique, tout au moins en raison de l’emploi du temps consacré aux autres matières. L’enseignant donne les concepts et les bases de la pratique, mais l’apprentissage est nécessaire. L’autonomie d’un utilisateur sur un logiciel passe en effet par un travail individuel et par une recherche « curieuse » des fonctions non enseignées.
Cette pratique avancée pourra s’avérer payante pour les épreuves d’examen mais aussi sur un CV, sans pour autant être présentée comme une « première expérience ».
Voilà pour les avantages côté étudiants et, par voie de conséquence, pour les enseignants qui pourront s’appuyer sur cette ressource pour des devoirs « à la maison ». Ils devront néanmoins veiller à ce que les élèves qui n’ont pas accès à ce « plus » ne soient défavorisés à l’heure des bilans, car si le logiciel CAO peut être gratuit, encore faut-il pouvoir disposer d’un ordinateur musclé le soir ou le week-end !
Du côté des éditeurs, la raison d’une politique aussi ouverte n’est pas sans arrière pensée commerciale : un étudiant sera un jour un utilisateur, voire un décideur. Sa maîtrise d’une CAO contribuera à l’image de qualité du logiciel quand il débutera dans le monde du travail. Mais surtout, l’étudiant deviendra prescripteur de la CAO qu’il connaît. C’est particulièrement vrai dans le domaine de l’architecture où l’embauche de jeunes diplômés est l’occasion d’introduire la 3D, mais aussi au sein des petites entreprises, cible privilégiée des éditeurs de CAO mécanique.
Liberté surveillée
Attention, si vous avez le droit de disposer à peu de frais ou gratuitement d’un logiciel CAO pendant vos études, cela reste soumis à un certain nombre de conditions. Voici les contraintes les plus généralement constatées :

  1. le logiciel CAO est celui sur lequel votre établissement vous forme ( ce qui exclut de fait tous les enseignements non techniques : un étudiant en médecine qui veut modéliser la maison de ses parents devra le faire à la main ou en en achetant un petit logiciel d’entrée de gamme !)
  2. il vous faut passer par les procédures d’enregistrement (et souvent de téléchargement) de l’éditeur : si votre école vous forme à AutoCAD par exemple, pas question pour vous de télécharger une version pirate et de vous considérer comme couvert. On notera que cette procédure vous obligera à donner un certain nombre d’informations personnelles, comme par exemple votre lieu d’études – en raison de la règle précédente – voire une attestation de votre établissement et naturellement une adresse électronique (ne vous étonnez donc pas de recevoir pendant quelques années des mails de certains éditeurs !)
  3. il vous faudra vous réenregistrer chaque année pour certifier que vous n’êtes pas entré dans le monde du travail.
  4. Vous vous engagerez à ne pas réaliser de travail rémunéré ou en concurrence avec des entreprises normalement équipées.

Le plus souvent les logiciels sont complets et fournis avec une documentation, au moins électronique ou en ligne et l’enseignant peut bénéficier à titre personnel des mêmes conditions que l’étudiant.

Voici quelques exemples des offres proposées par les éditeurs

  1. Missler Software (CAO mécanique)
    L’éditeur français de TopSolid propose une licence éducation accessible aux étudiants pour la modique somme de 18 € TTC pour 12 mois. L’accès aux différents packages de TopSolid dépendra de l’équipement de votre école. Vous pourrez par exemple utiliser TopSolid’Wood si vous faites partie d’un établissement de la filière bois. (http://education.topsolid.fr)
  2. SolidWorks (CAO mécanique)
    SolidWorks Student Kit (SDK) 2008 comprend en particulier le logiciel SolidWorks et COSMOSXpress et est compatible avec la version Education largement répandue dans les établissements français. Elle est gratuite et renouvelable tous les ans tant que votre collège ou lycée vous forme sur SolidWorks ou si votre établissement d’enseignement supérieur possède au moins 10 licences sous maintenance. Dans quelques jours, SolidWorks dévoilera officiellement une offre encore plus large et plus souple, mais nous n’avons pas la révéler aujourd’hui. Alors, guettez les prochaines annonces sur la page dédiée du site SolidWorks. (http://www.solidworks.fr/pages/products/edu/index.html)
  3. Dassault Systèmes (CAO mécanique)
    Dassault Systèmes propose aux étudiants une version téléchargeable de CATIA V5, logiciel fortement utilisé dans les écoles d’ingénieurs. Mais cette offre est actuellement limitée aux Etats-Unis ! L’éditeur français promet qu’elle sera prochainement disponible dans d’autres pays et nous espérons qu’il ne négligera pas trop longtemps … la France ! (http://campus.3ds.com/students/download-software/catia/)
  4. Autodesk (CAO mécanique, architecture, génie civil, …)
    Autodesk propose un portail dédié au monde de l’éducation (www.students.autodesk.fr) où vous pourrez découvrir les nombreuses formules proposées (individuelles, campus, …), même si c’est un peu difficile de s’y retrouver parmi ces différentes options. Certains logiciels sont gratuits, d’autres sont proposés à prix réduit.
  5. Abvent (CAO architecture)
    Depuis 10 ans déjà, l’éditeur Abvent propose une version gratuite et complète de son logiciel ArchiCAD, aux conditions générales que nous avons présentées plus haut. L’étudiant doit simplement payer une caution pour obtenir la clé d’utilisation du logiciel. Celle-ci lui est remboursée à la fin de ses études. Le bon de commande est co-signé à chaque rentrée par le professeur dans le cadre des partenariats pédagogiques conclus entre Abvent et les grandes écoles d’architecture ou les BTS. Sans nécessiter cette fois le paiement d’une caution, le téléchargement est gratuit pour Artlantis (simulation réaliste) et Google Sketchup Pro. A noter qu’Abvent réalise des stages gratuits à destination des enseignants. (http://abvent.com/education/)

 

Nous n’avons pu être exhaustifs mais, comme vous l’avez compris, vous n’avez pas vraiment le choix du logiciel. Le mieux est d’en parler à votre professeur : il doit connaître les procédures applicables au logiciel enseigné.
Bonne rentrée !

Denis LOURME
Directeur du portail CAO.fr

 

  

retour en haut de page
 

 
V4, V5, V6 … pas de panique   



V4, V5, V6 … pas de panique


Dassault Systèmes a annoncé fin mai la version 6 de ses solutions de CAO, de calcul, de simulation, d’usine numérique et de gestion de données techniques : tous les composants de l’offre PLM (Product LifeCycle Management – Gestion du cycle de vie du produits) de l’éditeur français vont y passer et en premier lieu, pour ce qui nous intéresse, son logiciel phare Catia.
Par version, on entend ici version majeure : il ne s’agit donc pas d’une simple mise à jour – ou release Rnn -  comme il en existe fréquemment Cela signifie par exemple que, chez Dassault Systèmes, des équipes de développement distinctes vont travailler sur Catia V5 – qui continuera en toute logique à évoluer quelques années – et sur Catia V6. Pour montrer l’importance d’une nouvelle version, on peut aussi se souvenir que la V5 a été lancée officiellement il y a dix ans !
Il ne faut pas être savant pour comprendre qu’il y avait une V4 avant la V5, mais ceci est d’autant plus vrai que demeurent une offre et une demande en termes de compétences Catia V4, en particulier dans les industries automobile, aéronautique ou ferroviaire. Certains projeteurs (ses) et dessinateurs (trices) savent aussi que leur expérience de cette version ne leur ouvre que très rarement la porte des sociétés équipées de la version 5.
Aujourd’hui, c’est sans doute une plus grande communauté « Catia » qui se pose des questions : que va-t-il se passer pour la V6 et quand cela va-t-il se passer ? Mes compétences V5 auront-elles de la valeur ?


V4 – V5 : la révolution …

Il y a dix ans, la V5 a constitué une rupture considérable dans les concepts même de Catia. Le logiciel passait en effet d’un mode de conception explicite, essentiellement basé sur les surfaces, à une modélisation paramétrée, très axée sur le volumique. On pouvait même considérer que les deux logiciels étaient complètement différents. En toute logique, le nom du logiciel aurait presque dû changer !
La première conséquence fut que la migration se déroula très lentement. Si on prend l’exemple de l’industrie automobile, le passage à la V5 s’est étalé sur plusieurs années. Plus l’entreprise avait un parc V4 important, c’était le cas de PSA et par voie de conséquence des équipementiers et des entreprises sous-traitantes, plus il était difficile de passer à la V5 : problèmes de reprise des modèles, développements « maison » à réécrire, formation du personnel, etc.. Les grandes entreprises ont donc pris leur temps.
La seconde conséquence était justement liée à la formation : pour former un(e) opérateur(trice) Catia V4 à Catia V5, pas question de considérer qu’il s’agissait d’une « mise à niveau ». Philosophie, méthodologie, commandes, interface : tout changeait. Je dirigeais alors un centre de formation et nous considérions qu’il était plus facile de former à Catia V5 quelqu’un ayant une expérience Pro/ENGINEER car les concepts étaient les mêmes.
Les entreprises ont généralement assuré la formation des utilisateurs en poste. Ce fut un peu plus difficile dans la sous-traitance d’études et cela explique que des compétences V4 ont eu du mal à trouver un employeur.


V5, V6 : en douceur

On pourrait se dire que les grands industriels prendront encore leur temps pour passer à la V6. Je ne le pense pas, même si on sent chez eux un certain scepticisme - le mot est sans doute gentil - après les efforts auxquels ils ont été contraints pour la migration précédente.
Pour les industriels qui garderont leur confiance dans l’éditeur Dassault Systèmes, le logiciel Catia V6 pourrait être adopté plus rapidement. Pour autant, cela doit rassurer ceux et celles qui travaillent en V5 ou ont une expérience sur cette version.
En effet, il n’y a pas cette fois de rupture technologique pour la CAO : Catia V6 conserve le concept de modeleur paramétré et les utilisateurs(trices) V5 ne devraient pas être perdu(e)s devant un modèle V6. Pour entrer un peu dans la technique disons que le principal changement CAO va se trouver dans la gestion des assemblages : ceux-ci seront gérés en dehors de Catia, dans le système de Gestion de Données Techniques Enovia. Certes l’interface utilisateur sera un peu transformée, mais les changements dans ce domaine vont toujours vers plus d’intuitivité. On trouvera aussi un peu d’édition « dynamique » - et sans doute même un peu plus dans les « releases » suivantes - car Dassault Systèmes doit bien montrer qu’il ne se laissera pas dépasser par la « Synchronous Technology » de Siemens PLM Software. Mais là aussi, l’édition directe des modèles nécessite moins d’apprentissage qu’un travail sur un historique de construction.
Ne me faites pas dire que la V6 n’apporte aucun changement. Simplement, et c’est naturellement un grand raccourci que je fais ici, les évolutions se feront sur la notion de travail collaboratif et l’accès aux modèles et assemblages à travers l’Internet, ce que l’éditeur appelle le PLM 2.0 par analogie avec le Web 2.0.
Je fais ici une petite parenthèse : les centres de formation ne devraient pas toucher le même jackpot que pour la migration V4-V5 : on devrait passer à la V6 par une simple mise à niveau, si on s’en tient naturellement à la CAO.


Et la V4 ?

Pour ceux qui travaillent encore sur cette version, il y a fort à parier que ce n’est plus pour très longtemps et que leur entreprise passera prochainement à un autre logiciel, qu’il soit ou non du même éditeur.
Pour ceux qui ne sont pas en poste, je vois deux opportunités.
De nombreuses industries ont à maintenir des très vieux modèles pendant des décennies (je pense au transport ferroviaire ou à l’aéronautique) et ne peuvent souvent le faire qu’avec la CAO d’origine. Les compétences V4 se feront de plus en plus rares. Et tout ce qui est rare …
Enfin, tous ceux qui n’ont pas aujourd’hui d’expérience de CAO paramétrée devraient saisir les occasions proposées par les éditeurs CAO « milieu de gamme ». Ces derniers proposent des versions d’essai de leurs logiciels, utilisables quelques semaines. C’est même un an pour le nouveau Autodesk Inventor LT, limité à de très petits assemblages. Le travail sous SolidWorks, Solid Edge, TopSolid ou Inventor est très proche du travail sous Catia V5 ! De telles occasions de se faire la main ne doivent pas être négligées !



Denis LOURME
Directeur du portail CAO.fr

 

  

retour en haut de page
 

 
Recherche futur(e)s responsables PLM   


On peut dire que le mot PLM (Product LifeCycle Management pour Gestion du cycle de vie du produit) aura mis du temps à s’imposer ! Un grand nombre d’acteurs du marché ont abandonné le qualificatif d’éditeur CAO pour celui d’éditeur PLM. Pour autant, le

L’existence d’une offre de formation avancée sur un sujet est souvent un signe de sa maturité. L’INSA et l’ECAM de Lyon vont justement proposer, à partir de la rentrée prochaine, un Mastère Spécialisé PLM.

Avant d’y venir, voyons la définition que ces Ecoles d‘Ingénieurs donnent de la Gestion du Cycle de Vie du Produit (cette définition est claire, autant en profiter) : « Le PLM concerne l’ensemble des activités de définition, de fabrication, de maintenance et de recyclage d’un produit industriel, tout au long de son cycle de vie, depuis les études préliminaires jusqu’à sa fin de vie. Pour les entreprises […], choisir de construire son système d’information autour du PLM s'inscrit dans une démarche stratégique dont les objectifs sont multiples : diminuer les cycles et les coûts de développement, favoriser la capitalisation et la réutilisation du savoir-faire, augmenter la personnalisation et la satisfaction client, favoriser l’innovation technologique. »


Un exemple de question à laquelle la mise en œuvre d’une démarche PLM peut répondre est la suivante : « Comment les designers et les concepteurs CAO peuvent-ils prendre en compte les retours des utilisateurs du produit (SAV) ? ». Le problème très actuel du recyclage des produits en fin de vie s’inscrit aussi typiquement dans une démarche PLM en intégrant le respect de règlementations ou la réutilisation des matériaux dans le processus de conception et de fabrication.

Comme nous l’avons déjà signalé, la démarche PLM va s’appuyer sur des outils logiciels et deux d’entre eux joueront un rôle important : la CAO et un système de gestion de données techniques (SGDT qui devient en anglais PDM – Product Data Management).
D’ailleurs les « offreurs PLM » viennent de deux mondes : les éditeurs de CAO qui ont développé ou racheté des SGDT dédiées au PLM, et les éditeurs traditionnels de SGDT (SAP, Oracle, …) qui ont développé des passerelles avec les CAO du marché. Les produits de PDM proposés par les éditeurs CAO ont pour nom Teamcenter, Windchill, Enovia …Ceux des éditeurs traditionnels de SGDT s’appelent MySAP PLM, Oracle PLM, @udros, Advitium, etc.

Il reste que l’ensemble des outils d’informatique technique doivent être pris en compte : logiciels de design, de calcul et de simulation, de production (FAO, ERP, ..), de documentation technique, etc.


Un responsable de projet est indispensable

La définition du PLM insiste sur l’aspect stratégique de la démarche qui demande une implication de la direction car elle va remettre en cause des modes de fonctionnement et certaines habitudes de travail au sein de l’entreprise (en particulier dans le partage du savoir-faire). Les premières initiatives sont en marche chez les grands industriels avec la mise en oeuvre d’outils logiciels (SGDT) très chers et un grand nombre d’heures de consulting qui font la joie des sociétés de services spécialisées et des éditeurs.

Avec le temps, ces derniers ont amélioré leurs systèmes de GDT en les rendant (un peu) plus simples à mettre en œuvre et en prenant mieux en compte les nécessaires échanges avec les logiciels CAO, IAO, … Ils ont surtout proposé des versions adaptées et accessibles aux PME/PMI dont les besoins ne sont pas forcément aussi complexes que ceux des grands donneurs d’ordres.

Il reste que cette mise en œuvre ne s’improvise pas et que la nomination d’un responsable de projet PLM par la Direction Générale est indispensable pour garantir la cohérence de la démarche.
La CAO est souvent au cœur du process PLM. Sans en maîtriser forcément l’utilisation, le responsable de projet devra connaître les grandes fonctionnalités des outils de conception, de calcul, …mais aussi connaître les rouages d’une entreprise et les architectures des bases de données.
Bref, la perle rare !



Futurs responsables de projets PLM ou futurs consultants

A partir de septembre 2008, l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon propose donc en collaboration avec l’ECAM 5 (Ecole Catholique d'Arts et Métiers), un Mastère Spécialisé PLM, développé en partenariat le pôle AIP-Primeca Rhône-Alpes Ouest. Cette formation diplômante a pour objectif de former de futurs responsables PLM d’entreprises industrielles de toute taille. L’Ecole pense à juste titre que le profil intéressera également les éditeurs et sociétés de services.


Le Mastère s’adresse en particulier et en priorité :

  • A de jeunes diplômés des écoles d’ingénieurs
  • A des salariés ingénieurs et techniciens supérieurs expérimentés
  • A des demandeurs d’emplois titulaires d’un Bac+5 ou d’un Bac+4 avec trois ans d’expérience

Le site du Mastère (http://www.ms-plm.fr) cite néanmoins deux profils privilégiés : « des ingénieurs généralistes ayant des bases en développement informatique et des ingénieurs informaticiens possédant une culture générale de génie industriel. ». On retrouve dans ces préférences les aspects techniques (CAO, …), informatiques (SGDT) et la connaissance des processus industriels.


Philippe PERNELLE, Directeur adjoint du pôle AIP-Primeca RAO (Rhône-Alpes Ouest)  nous explique brièvement le contenu de ce Mastère : « L’équipe pédagogique a souhaité donner deux approches à cette formation : une dimension fonctionnelle sur la notion de cycle de vie du produit (intégration avec le BE, l’ERP, analyse de la chaîne logistique,…) et sur les modèles et méthodes mis en œuvre ; une dimension plus technique avec en particulier la notion d’architecture distribuée, la structuration des données, etc. Nous insisterons naturellement sur la notion de conduite du changement. »


Le cycle dure dix mois. La partie pédagogique (420 h) se répartit en cours théoriques, TD/TP et projet mais prévoit aussi la participation à des séminaires, des conférences et même des visites chez des industriels. Pour les travaux pratiques et dirigés comme pour le projet, le pôle AIP-PRIMECA RAO mettra ses moyens matériels et logiciels à disposition des étudiants grâce à des partenariats établis avec Assetium, PTC et Siemens PLM Software.
Un stage d’au moins 5 mois terminera le cycle. Philippe PERNELLE est confiant car, près d’un an avant le démarrage théorique de ces périodes en entreprise, les demandes de stagiaires sont déjà nombreuses de la part des industriels.


Cette nouvelle formation est une excellente initiative et montre que le PLM a enfin acquis ses lettres de noblesse. L’offre de stages met en évidence une prise de conscience par les industriels de l’intérêt du PLM dans une compétition économique globalisée et son attente de spécialistes sur le sujet. Elle montre aussi une volonté pour l’enseignement supérieur de coller aux attentes des entreprises.

Denis LOURME
Directeur du portail CAO.fr

 

  http://www.ms-plm.fr

retour en haut de page
 

 
3D : Où va l’architecture ?   



Dans le domaine de la CAO Architecture, l’examen des offres sur CAO-emplois.com met en évidence une situation singulière sur l’offre et la demande de compétences en logiciels 3D. Aussi nous notons une pénurie de candidats faisant carrière dans l’architecture 3D, une demande timide de la part des entreprises sur ce secteur de l’architecture 3D... Faut-il en conclure que le monde de l’architecture en est resté au Dessin Assisté par Ordinateur, voire à la planche ?

Pour nous faire une opinion, nous avons interrogé Emmanuel Petit, président du club ARCHI INFO, le Club Informatique des Architectes créé à l’initiative de l’UNSFA (Union Nationale des Syndicats Français d’Architectes). Ce club, qui s’appuie sur un Intranet évolué, met en relation un très grand nombre d’architectes.(www.archilink.com)

CAO-Emplois.com : Quel est le niveau d’utilisation de la 3D dans les cabinets d’architectes ?
Emmanuel PETIT :
Il n’y a pas de données précises sur le sujet qui est plus complexe qu’il n’y parait. D’abord balayons l’idée que le monde de l’architecture ne serait pas en pointe dans l’équipement DAO/CAO. La profession s’y est mise depuis plus de 20 ans et, à de très rares exceptions près, tous les cabinets d’architectes utilisent des logiciels 2D et exploitent bien souvent une solution 3D. Il ne faut pas oublier non plus les solutions intermédiaires à base de 2D et d’élévations (parfois qualifiées de 2D ½).
Mais le processus de conception/réalisation d’un bâtiment comprend plusieurs étapes et pour chacune d’elle le crayon, le DAO et la CAO – mais aussi les logiciels purement graphiques - joueront un rôle important.

CAO-E : Pourquoi cette grande variété de moyens ?
EP :
Le croquis à la main reste le point de départ de tout projet. C’est sans doute une différence importante par rapport au monde de la mécanique même si la phase de « design » des produits de grande consommation se fait encore souvent de cette manière. Chaque bâtiment est en effet un prototype.
Les logiciels 3D seront mis en oeuvre dans la deuxième étape qui est celle de la conception, en particulier dans le cas des concours d’architecture (rappelons que le principal marché des architectes est celui des gros projets). C’est dans cette phase de conception que la 3D joue pleinement son rôle et se transforme en outre en un outil de « séduction » pour emporter le projet.
Enfin, l’architecte est contraint de produire un grand nombre de plans 2D très normalisés et enrichis d’annotations, cartouches, … tant d’un point de vue strictement légal que pour transmettre les informations graphiques aux différents corps de métier. Le plan 2D reste donc incontournable et ceci est parfois un frein à l’acquisition ou tout au moins à l’exploitation d’un logiciel 3D.

CAO-E : Le plan reste effectivement important dans les projets architecturaux, mais n’est-il pas décliné de la maquette 3D ?
EP :
Les meilleurs logiciels 3D ne sont pas forcément les outils les plus efficaces pour faire du plan ! Cela reste un vrai problème, mais ce n’est pas le seul. La tentation est grande, et c’est très souvent la réalité sur le terrain, que de générer les premiers plans à partir de la maquette puis de faire vivre ces derniers en fonction des évolutions de détail sans retoucher au modèle 3D. La cohérence du projet, un des principaux avantages de la maquette, est alors naturellement perdue.
Un autre frein à l’utilisation plus poussée de logiciels 3D est que les formations et les manuels qui leur sont associés relèvent le plus souvent d’une liste de fonctionnalités plus que d’une véritable méthodologie. Or le respect d’une certaine démarche est essentiel si on veut garantir la cohérence de l’ensemble ou exploiter plus facilement le modèle. Si il y a bien un logiciel 3D dans la très grande majorité des cabinets, il est parfois sur une étagère après un premier échec lié à une mauvaise prise en main du produit. Pour ne rien simplifier, il n’y a pas de méthodologie unique, commune à tous les logiciels.

CAO-E : Qu’en est-il de l’exploitation des modèles 3D pour la génération d’animations interactives, visites virtuelles, …
EP :
Bien qu’on nous annonce depuis des années que la réalité virtuelle va devenir un passage incontournable, on peut constater - si l’on excepte les grands projets très médiatisés - que l’explosion n’a pas encore eu lieu. Aujourd’hui, l’image statique (qui peut d’ailleurs être tirée d’un modèle 3D et retravaillée) demeure le support de communication le plus utilisé. La raison est simple : l’architecte choisit lui-même le bon point de vue valorisant son projet. J’ai peur que l’engouement des clients pour l’interactivité (choix des volets, etc…) se heurte au fait qu’un bâtiment reste un projet d’ensemble qu’on ne peut « configurer » comme une simple cuisine. Sans doute une partie marché de la maison individuelle évoluera-t-il vers ce modèle, mais faut-il s’en réjouir ?

CAO-E : Comment voyez-vous l’évolution en termes d’utilisation de logiciels de conception 3D ?
EP :
Je pense que les éditeurs doivent séduire davantage les architectes avec des logiciels à la fois plus intuitifs (l’exemple donné par Google Sketchup Pro est sans doute intéressant à suivre) mais aussi plus « guidés » en termes de méthodologie. Les nouvelles contraintes qui apparaissent dans le domaine du développement durable vont également valoriser un des intérêts fondamentaux d’une maquette 3D qui est l’enrichissement des données d’un ouvrage à des fins de calculs et de simulation ….. L’adoption à moyen terme du standard IFC* devrait d’ailleurs être un facteur de développement de la 3D en permettant à tous les corps de métier de s’accrocher à une seule maquette numérique.

CAO-E : Les formations DAO/CAO dispensées par les Ecoles d’Architectes correspondent-elles aux attentes de la profession ?
EP :
Les écoles d’architecture forment en effet d’une manière générale à des logiciels 2D et 3D. Le fait même de choisir un outil pour la pédagogie est forcément limitatif, particulièrement dans le domaine de la 3D où le nombre de logiciels mis sur le marché est très important, sans « standard » fort. Sauf en cas d’urgence liée à un projet, le cabinet d’architectes prendra cette formation 3D comme un plus sans forcément attacher une importance fondamentale au logiciel. Comme je l’ai dit plus haut, il ne faut pas perdre de vue le nombre de tâches réalisées en 2D et celles-ci sont souvent confiées aux « nouvelles recrues ». Cela peut d’ailleurs être un problème si ces dernières abandonnent trop longtemps leur courte expérience d’un logiciel 3D, d’autant que de nouvelles versions arrivent très fréquemment. L’idéal est donc de leur permettre de « garder la main ». Cette génération peut en effet apporter une nouvelle dynamique par l’habitude qu’elle a du « monde en 3D », ne serait-ce que dans ses loisirs !


* Le standard IFC (Industry Foundation Classes) a pour objectif de favoriser l'interopérabilité des logiciels dans le secteur de la Construction. En utilisant des logiciels compatibles IFC, les acteurs d’un projet architectural peuvent enrichir un modèle commun. IFC est largement inspiré du format STEP dans le domaine de la mécanique. (Plus sur IFC sur Wikipedia).

Propos recueillis par Denis LOURME. CAO.fr
 

  

retour en haut de page
 

 
« historique contre dynamique » : ce qui va changer dans la CAO mécanique   



PTC a racheté l’éditeur allemand CoCreate. Dans le monde de la CAO mécanique et du PLM on ne s’émeut plus vraiment des acquisitions, particulièrement nombreuses ces trois dernières années. Mais cette fois, l’opération est le premier signe d’une révolution qui devrait changer prochainement la technologie et le paysage CAO.

Retour en arrière : il y a 20 ans, PTC bousculait le monde de la CAO en lançant, avec son logiciel Pro/ENGINEER, un nouveau concept : la CAO paramétrée et la modélisation à base d’historiques de construction. Finis les modeleurs « explicites » de papa : nous pouvions désormais modifier les pièces conçues en faisant évoluer des paramètres (dont les cotes, ce qui a donné naissance au terme de « modélisation gouvernée par la cotation ») et en agissant sur l’historique de construction (par exemple, revenir à une étape de conception pour y changer une opération).
Les éditeurs concurrents durent se mettre au diapason et aujourd’hui tous les grands logiciels de CAO mécanique proposent à la fois le paramétrage, l’arbre d’assemblage et l’historique de construction. C’est le cas des logiciels 3D dits haut de gamme - CATIA V5 et UNIGRAPHICS/NX ont suivi le chemin tracé par Pro/ENGINEER – mais aussi de l’offre milieu de gamme pour SolidWorks, Solid Edge, Autodesk Inventor, TopSolid, … Cette transition fut assez compliquée pour les grands systèmes qui avaient une base installée de clients importante : la migration de Catia V4 (explicite) à Catia V5 (paramétrique) s’achève seulement dans le secteur automobile. D’ailleurs, on recherche toujours des compétences Catia V4 sur cao-emplois.com.

Un historique de construction trop contraignant

Depuis quelques années, certains éditeurs remettent en cause le bien-fondé de l’historique de construction.
Prenons un exemple simple pour en comprendre les limites : A vos souris … Vous avez à concevoir la pièce de la figure A. C’est fait ? Il y a de fortes chances que vous l’ayez construite en insérant une boite, puis un cylindre et que vous ayez « soustrait » le cylindre de la boite. Dans votre historique se trouvent la boite et le cylindre dont vous pourrez aisément changer les dimensions. Les dimensions oui, mais .. On vous avise que la branche droite de ce sous-ensemble - naturellement niché au fin fond d’un assemblage complexe - doit être allongée (figure B). A vos souris … Aie, ça coince ! Tout simplement parce que les primitives choisies au départ ne permettent pas cette modification, les faces jaunes et rouges n’étant en fait qu’une seule et même face. Ici, il eut été plus raisonnable de partir d’un profil et de l’extruder, et encore, à condition de ne pas partir d’un rectangle…
Or conception paramétrique et historique sont intimement liés. Pourquoi ? Parce que le logiciel « joue » l’historique pour régénérer le modèle chaque fois que vous modifiez un paramètre. Présenté comme un avantage pour le concepteur, l’historique est aussi un élément pratique pour les développeurs des logiciels !
Notez qu’il vous sera encore plus difficile de modifier cette pièce si ce n’est pas vous qui l’avez créée car il vous faudra comprendre l’arbre de l’assemblage et l’historique de construction. C’est pour cette raison que de nombreux sous-traitants préfèrent généralement repartir d’un format neutre (ex IGES) qui supprime l’intelligence du modèle (paramètres et historique) afin d’avoir plus de liberté pour le modifier.
Mais pour autant, les logiciels du marché ne sont pas adaptés à la modification de ces modèles « inintelligents ». On se félicitera au passage de n’avoir pas choisi de qualifier de bête ou stupide un modèle sans intelligence !

La modélisation dynamique

Les éditeurs qui défendent un nouveau mode de modélisation s’appellent SpaceClaim (SpaceClaim Professionnal) Robert Mc Neel (Rhino) Kubotek (KeyCreator ex CADkey) et … CoCreate (OneSpace Designer Modeling) et visent le marché des sous-traitants et des PME.
Sans entrer trop dans la technologie (qui en outre varie d’un éditeur à l’autre) disons que leur point commun est de permettre de créer ou modifier un modèle CAO « brut ». L’objet est d’exploiter des pièces ou assemblages venant de n’importe quel système en ignorant ses paramètres et son historique de construction, et de le modifier de façon plus libre que dans le mode « historique » et plus puissante que dans le mode « explicite » des années 80.
Sous le terme de modélisation dynamique ou directe, ces systèmes proposent en effet une modification cohérente du modèle, une gouvernance partielle par la cotation, et sauront même retrouver certaines caractéristiques du modèle (ex : bossage, chanfrein) à partir d’une géométrie brute. SpaceClaim (créé l’an dernier par un des créateurs de Pro/ENGINEER et de SolidWorks) appuie d’ailleurs davantage son discours commercial sur la modification de modèles que sur la création elle-même.

Tout casser ?

Alors, on repart 20 ans en arrière ? Non pour trois raisons :
- La conception paramétrée à base d’historique reste intéressante pour la phase de conception elle-même car elle structure le travail et permet de garder en mémoire l’intention du concepteur. Rappelons qu’elle implique une formation très orientée « méthodologie de conception ». Elle est aussi très adaptée à la réalisation de familles de pièces.
- Ce mode de conception est particulièrement répandu dans les grandes entreprises et les éditeurs de ces produits couvrent plus de 90% du marché de la 3D : clients et vendeurs ne vont pas changer leur fusil d’épaule du jour au lendemain.
- Le mode « dynamique » est encore perfectible pour certaines modifications.

Cohabitation

Les logiciels « dynamiques » vont grignoter des parts de marché aux éditeurs actuels, mais surtout pour les sociétés qui exploitent les modèles CAO plus que chez ceux qui les conçoivent et pour les sociétés qui passeront à la 3D. Il est donc vraisemblable que les logiciels vont devoir apprendre à vivre ensemble.
Mieux, les logiciels du futur proposeront les deux modes de travail, peut-être dans un environnement unique. Siemens PLM Software (ex UGS) a introduit cette année un environnement de travail dynamique au sein du logiciel paramétrique NX.
PTC, inventeur de la conception paramétrée, a donc racheté CoCreate autant pour sa technologie que pour sa base de clients. Sans doute trouvera-t-on un jour dans Pro/ENGINEER un mode dynamique inspiré de OneSpace Designer.

Reste que tout ceci est une bonne nouvelle pour redynamiser la technologie et donc le marché de la CAO : les utilisateurs y gagneront finalement en disposant d’outils plus souples. Enfin, la modélisation dynamique nécessitera une formation plus rapide, et moins orientée « méthodologie de conception». Ceux qui sont formés aux logiciels actuels sauront plus facilement s’adapter que ceux qui ont connu le passage de l’explicite au paramétrique. La révolution se fera donc cette fois en douceur.

Sources : l’exemple illustré a été inspiré par un article de Paul Hamilton de la société PHusion Engineering Solutions paru sur le site www.cadcamnet.com.
 

  

retour en haut de page
 

 
LE CV, C’est Vital !   



Pour vous le CV est le moyen de décrocher un rendez-vous ; pour le recruteur, le moyen d’avoir une visibilité sur votre parcours dès la première lecture. Que vous soyez débutant ou expérimenté, votre CV doit refléter votre parcours et vos compétences de manière claire et concise.

Les incontournables :

Le CV est avec la lettre de motivation le document de référence pour le recrutement. Le recruteur va étudier vos expériences, les missions que vous avez pu couvrir afin de cerner vos compétences et déterminer si vous êtes en adéquation avec le poste. Toute la difficulté pour vous est de conserver un CV synthétique mais suffisamment détaillé pour attirer l'œil du Responsable des Ressources Humaines. Ainsi, un CV clair et bien organisé fera mouche. En explorant ce dernier, le recruteur va rechercher certaines informations que vous vous devez de faire figurer clairement ;

- Un titre, indiquant le poste que vous recherchez,

- votre nom, vos coordonnées téléphoniques et adresse mail,

- votre objectif professionnel,

- votre parcours scolaire et vos diplômes,

- vos expériences professionnelles,

- vos compétences techniques et/ou fonctionnelles,

- la chronologie de votre parcours professionnel avec des dates ou des durées précises.

Photo ou pas photo ? Vous vous poserez sans doute la question lors de la création de votre curriculum. Dans tous les cas, sachez que celle-ci n’est pas obligatoire. Néanmoins, si vous souhaitez faire apparaitre votre joli minois sur votre CV, charge à vous de soigner votre présentation. En clair, pas de photo guignolesque ou prise devant le sapin de noël, restez sobre et professionnel !

Votre CV doit être… :

- Imprimé sur une page A4 blanche


- Sobre. Evitez l’utilisation des couleurs flashy, les polices de caractères farfelues, les soulignés, gras et autres fantaisies…

- Clair et aéré

- Mis en pièce jointe de votre lettre de motivation

- Cohérent. En effet, doper son CV (inventer des expériences professionnelles, ajouter des diplômes par exemple) peut-être risqué car vous devrez justifier de toutes vos expériences mais également de vos périodes d’inactivités lors de votre entretien avec le recruteur.

Votre CV ne doit pas être …:

- Daté et signé

- Manuscrit

- Truffé de fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe

- Intitulé « Curriculum Vitae » !

- Un roman ! Le CV dans le domaine informatique particulièrement doit refléter vos compétences, mais ne doit pas ressembler au roman de votre vie ! Préférez le style télégraphique aux longues phrases rédigées. De même, les CV sur plusieurs pages sont les bêtes noires des recruteurs surtout s’ils proviennent d’une personne peu expérimentée !
 

  

retour en haut de page
 

 
La 3D pour tous : de nouvelles opportunités pour les concepteurs   


Par Denis LOURME, Directeur du portail www.cao.fr
La démocratisation de la 3D est en marche. Notre quotidien personnel (disons le franchement, notre quotidien de consommateur), va de plus en plus nous immerger dans la 3ème dimension animée et interactive. Cela a commencé par de superbes publicités, des prouesses techniques au cinéma – dans ces deux exemples nous sommes plutôt spectateurs passifs - et par des jeux vidéo dont nous sommes acteurs au sein d’un monde virtuel.

Ce que Dassault Systèmes appelle « la 3D pour tous » va bien au-delà de ces premiers exemples qui font appel à des studios importants et à des équipes de développeurs chevronnés.

Avant de voir les nouvelles opportunités qui vont apparaître pour ceux qui ont une expérience CAO, citons quelques exemples de démocratisation de la 3D dans le court terme :

- Introduction de la 3D dans les publications commerciales des entreprises (Web, PDF 3D ou autres formats) et dans la remise de propositions au client.

- Magasins virtuels façon Second Life.

- Développement des publications techniques en 3 dimensions utilisant en particulier l’animation de modèles et l’interaction sur ces derniers : notices de montage, d’entretien,... y compris à destination du grand public

- Premières esquisses de la « mass customization » (personnalisation de masse) qui permettra à chacun de commander un produit entièrement ou partiellement personnalisé, y compris dans certaines de ses formes géométriques. Le cas des prothèses auditives modélisées à partir d’une digitalisation de l’oreille et « fabriquées » sur imprimante 3D est déjà d’actualité.

Les grands acteurs de la CAO s’intéressent aux techniques de visualisation et d’animation 3D à destination du grand public : Autodesk a fait l’acquisition d’Alias et donc de 3DS Max et de Maya et dispose même d’une division « media & diverstissement » dédiée aux solutions pour les industries du cinéma et des jeux vidéo. Dassault Systèmes a racheté Virtools et tout récemment Seemage. L’éditeur français a même annoncé une Joint Venture avec Publicis pour proposer par exemple aux annonceurs la création de magasins virtuels.

Ces applications vont créer de nouvelles opportunités pour tous ceux dont la CAO est la spécialité (en plus de faire mieux comprendre à leurs proches ce qu’est leur métier …) :

La conception en 3D va trouver de nouvelles justifications en aidant à vendre

D’un strict point de vue technique, il y a des métiers où la 3D a parfois du mal à se justifier. Le Dessin Assisté par Ordinateur peut paraître suffisant si les données n’ont pas à être exploitées pour des calculs, de la simulation ou pour la production. C‘est ainsi qu’on trouve encore beaucoup de logiciels 2D (AutoCAD en particulier) chez les architectes ou dans la conception de machines spéciales pour ne citer que deux exemples.

A partir du moment où un modèle 3D pourra être utilisé par certains pour mieux vendre leur bâtiment ou expliquer comment fonctionnera leur machine, la question à se poser ne sera plus « La 3D m’est-elle vraiment utile ? », mais « Continuerai-je à trouver des affaires en montrant un simple plan ou une jolie illustration à mes prospects ? ».

Même Monsieur et Madame Toutlemonde ne concevront plus dans quelques années de faire bâtir une maison sans l’avoir visitée virtuellement au préalable.

Ainsi, la 3D pour tous, et c’est bien pour cela que les éditeurs CAO s’y intéressent, va devenir un véritable levier pour une meilleure pénétration de la 3D dans les entreprises ou les cabinets d’architecture et entraînera de nouvelles opportunités d’emploi ou d’évolution.

La conception en 3D va trouver de nouvelles justifications en aidant l’utilisateur final

Avec la même conséquence en terme de pénétration de la CAO, la réalisation, par exemple, de notices de montage en 3D va également justifier davantage la notion de modèle. Alors, peut-être, ne resterons nous plus avec une vis dans la main quand notre meuble en kit est assemblé.

De nouveaux métiers vont apparaître, à la lisière du BE

Sans en connaître encore l’intitulé exact, on peut s’attendre à la naissance de certains métiers. Pour exploiter le modèle en amont et en aval comme nous venons de le voir, les entreprises auront besoin de « spécialistes de la 3D » pour animer, texturer, éclairer et rendre interactifs des modèles 3D.

Deux catégories de personnes sont particulièrement bien placées pour prétendre à ces postes : des designers « artistes » férus de 3D et des spécialistes de la CAO attirés par la réalité virtuelle.

Sans doute les premiers trouveront des opportunités en amont (documentations commerciales, web 3D, …) et les seconds en aval (documentations, notices, supports de cours, …) car les concepteurs d’un produit ou d’un projet sont les mieux placés pour en expliquer « virtuellement » le principe ou le mode d’emploi.

Comment s’y préparer

La chance de la deuxième catégorie de personnes est que l’utilisation de logiciels d’animation ou de publication 3D est un jeu d’enfant pour ceux qui maîtrisent un logiciel de CAO, surtout quand le modèle à animer en est issu. Leur habitude de la vision dans l’espace et de la notion d’assemblage leur permet d’envisager une auto-formation sur des logiciels comme Adobe Acrobat3D, Subdo ou d’autres. Ces logiciels proposent généralement une période gratuite de test suffisante pour se faire une idée des possibilités et commencer des animations intéressantes, à condition de muscler un peu son PC.

Parlez-en dans votre entreprise

Si vous êtes en poste dans un des secteurs qui peuvent être concernés (mécanique, produits de grande consommation, architecture, implantation d’espace ou d’usine, SIG…), parlez de ces exploitations des modèles 3D : elles ne demandent qu’un minimum de travail quand le travail a été réalisé en CAO. Et si ces applications vous attirent, proposez de participer à une documentation en 3D, une notice de montage interactive ou suggérez d’introduire des modèles animés dans la plaquette commerciale ou les devis.


Pour prolonger cet article, quelques liens utiles :

Sites d’Adobe Acrobat 3D et de VB2S (Subdo). Vous trouverez également de nombreux logiciels de 3D temps réel en tapant ces mots dans un moteur de recherche.

Exemples de documentations en 3D au format PDF :
- les fiches métiers 3D de CAO-emplois,
- le journal en 3D de CAO.fr (Les numéros 1 et 3 sont consacrés à Adobe Acrobat 3D et à SUBDO).

Site expérimental de 3dswym, issu de la Joint Venture entre Dassault Systèmes et Publicis (en anglais).

Espace Media & Divertissement d’Autodesk.
 

Denis Lourme  denis.lourme@cao.frhttp://www.cao.fr

retour en haut de page
 

 
Formation CAO : bousculons quelques idées reçues   


Denis LOURME a créé et dirigé deux centres de formation CAO. Il nous présente son point de vue sur la formation CAO. Denis LOURME est aujourd’hui directeur du portail www.cao.fr

A force d’entendre que les logiciels de CAO sont de plus en plus intuitifs, on risque de minimiser l’importance de la formation à cette technique. « Votre opérateur(rice) maîtrisera notre logiciel en quelques jours ! » : ce n’est pas la seule affirmation à nuancer. Sous forme de réponses à certaines idées largement répandues, mon propos s’adresse en priorité aux responsables de bureaux d’études et de formation. Les candidats y trouveront aussi, je l’espère, matière à valoriser davantage leurs acquis.

« La formation CAO est une formation comme une autre » : Non !

Mes exemples seront puisés dans la CAO mécanique. C’est le domaine que je connais le mieux, et c’est aussi celui où la liberté de l’opérateur est la plus importante. Parce que les cas d’application y sont plus nombreux, l’opérateur créé essentiellement de la « géométrie » et introduit lui-même son savoir-faire métier.
Les logiciels CAO sont donc de vastes boites à outils. Comme on ne juge pas un bon garagiste à sa capacité à utiliser une clé de 12, on appréciera qu’un concepteur sache quand et pourquoi utiliser telle fonction plutôt qu’il en maîtrise parfaitement le déroulement.

« La formation CAO coûte cher » : Moins qu’un concepteur mal formé !

Certes, la formation CAO est plus onéreuse que les autres formations informatiques, mais combien seriez-vous prêt à investir pour gagner 5 à 10% de productivité dans vos études ? D’autant qu’il ne s’agit pas seulement de concevoir plus vite, mais de le faire mieux !
Un expert des échanges de données CAO me confiait récemment que les problèmes de conversions et de transferts étaient presque toujours liés à une mauvaise utilisation de la CAO et particulièrement à des choix de méthodologies inadaptées.
Au-delà de cet exemple, le coût d’une mauvaise conception se répercute sur tout le cycle de vie du produit : mise sur le marché retardée, problèmes de fabricabilité ou de tenues aux contraintes, échanges multipliés avec les sous-traitants, retours usine, … Alors non, le coût d’une formation CAO ne pèse pas lourd face à ces enjeux.
Je vais être un peu provocateur : les prix des logiciels ont hélas considérablement baissé en 20 ans, mettant la CAO au niveau d’un outil informatique banal et non stratégique. Comment faire comprendre que la formation devra sans doute coûter plus cher que l’outil ?

« Une formation personnalisée est plus efficace » : Pas forcément, car elle est restrictive.

Votre partenaire formation préféré vous proposera volontiers des stages sur votre site « adaptés à votre besoin » et plus courts. Je reste personnellement partisan des formations « standard » et si possible en centre pour une meilleure disponibilité et une attention accrue des stagiaires. Le surcoût de tels stages, y compris du déplacement de votre personnel, sera largement compensé par une meilleure acquisition des savoirs.
Une (bonne) formation « standard » présente l’avantage de couvrir la majorité des commandes et des méthodologies de conception. Elle permettra aux futurs opérateurs de faire face à de nouvelles situations dans leurs études et de puiser davantage dans les ressources du logiciel.
Examinez le processus didactique proposé par le centre de formation et fuyez, c’est en tout cas mon avis, les formations où les stagiaires répètent en travaux pratiques un exercice décortiqué auparavant par le formateur. La qualité des exercices (avec des problèmes inattendus à résoudre) est souvent plus importante que la théorie, dont on retrouvera l’essentiel dans les supports de cours ou les manuels en ligne. On notera que mon propos exclut de fait toute forme d’autoformation.
A mes débuts dans la formation CAO, les matériels et logiciels étaient tellement coûteux que les stagiaires s’exerçaient à deux sur un même poste. Ce n’est généralement plus le cas … et c’est bien dommage ! A l’heure où le travail collaboratif est prôné, réfléchir à deux sur un même problème est souvent source de découvertes intéressantes sur les possibilités du logiciel.

« Une formation par un collègue » : Non !

C’est sans doute la pire des solutions. Votre opérateur chevronné a certes de l’expérience, mais il n’a du logiciel qu’une vision très limitée : celle des commandes qu’il utilise régulièrement, et peut-être pas de façon judicieuse ! Toute formation assurée par un professionnel, même pour un nouvel arrivant enrichira l’expérience de tout votre B.E. !
Naturellement, de retour de formation, le nouvel utilisateur pourra être piloté par un « vieux de la vieille » qui lui apprendra les méthodologies retenues par la société. Quitte à ce que le « petit nouveau » lui suggère des évolutions grâce à ses fraîches connaissances…

« Il nous faut trouver le spécialiste sur notre logiciel » : Osez aussi d’autres expériences !

Vous cherchez désespérément un expert de la conception de moules sur NX ? A moins que cette personne soit destinée à partir immédiatement sur le plateau d’un de vos clients, pourquoi ne pas embaucher un tel spécialiste sur CATIA ? Il faudra certes le former à l’outil mais son apprentissage sera très rapide et il restera avant tout un expert « métier ». Ce savoir-faire est plus important que son expérience CAO et son passé sur un autre logiciel sera enrichissant aussi pour votre société.
Il en va de même pour la formation initiale : quelques éditeurs se partagent le marché de l’Education Nationale. Ne craignez pas d’embaucher un jeune formé sur SolidWorks si vous avez retenu Solid Edge ou Inventor. Les logiciels de CAO 3D obéissent désormais à des concepts communs (volumique paramétré, arbres d’assemblage, historique de construction, …). Naturellement, vous devrez le former au nouveau logiciel, mais son apprentissage après le stage sera plus rapide.

« 2D vers 3D » : attention, cas à part !

Loin de moi l’idée qu’un dessinateur ayant une longue expérience sur AutoCAD soit condamné à travailler à vie en 2D. Veillez néanmoins, dans le cas d’une migration 2D/3D à ménager une période plus longue d’apprentissage après la formation. Les concepts de la CAO tridimensionnelle (même à éditeur identique …) ont du mal à bousculer les habitudes du dessin électronique. Une fois votre opérateur formé au logiciel 3D, retirez lui rapidement l’outil de DAO !

Ma conclusion sera pour les candidats : mettez en avant vos connaissances techniques et votre motivation pour tel ou tel secteur d’activités au moins autant que votre savoir-faire en CAO. Celle-ci n’est pas un métier en soit : votre maîtrise d’un logiciel (ou davantage) est un plus mais elle ne doit pas cacher tout ce que vous savez par ailleurs !

Denis LOURME présentera une mini conférence et répondra à vos questions sur le thème de la formation lors de notre prochain forum des métiers et emplois de la CAO qui se tiendra les 4 et 5 octobre 2007, Cité des Sciences et de d’Industrie. Cliquez ici pour en savoir plus.

 

Denis Lourme  denis.lourme@cao.frhttp://www.cao.fr

retour en haut de page
 

 
Travail collaboratif : « Optimiser le court terme pour compresser le long terme »   

Alain Morand est directeur d'Ingetech. Il nous expose ici sa vision du travail collaboratif et les conséquences de ces nouvelles méthodes de travail sur l’emploi.

Pensez-vous, comme beaucoup, que la France est réellement en retard sur le travail collaboratif ?

Je pense qu’il faut d’abord définir exactement ce que l’on entend par travail collaboratif. Souvent, des confusions existent entre travail collaboratif et travail coopératif. D’un point de vue sémantique, cela signifie « travailler ensemble ».

Avec les méthodes coopératives, la charge de travail est répartie entre les participants, à qui on assigne des tâches précises et concrètes. La finalisation consiste à assembler le fruit du travail de chacun des participants pour constituer le produit final. C’est la méthode traditionnelle.

Les méthodes de travail collaboratif sont toutes autres.

Les tâches ne sont pas réparties entre différents participants. C’est ensemble que les collaborateurs travaillent à chaque étape et contribuent à l’atteinte de l’objectif. La réussite du projet ne réside pas forcément dans la productivité de chacun mais dans la capacité du groupe à communiquer et à interagir.

Concernant maintenant le retard de la France, tout est relatif. Par rapport aux Etats-Unis, oui, nous sommes en retard. Outre Atlantique, les grandes compagnies utilisent les deux méthodes : coopérative et collaborative. Ces dernières sont notamment utilisées sur des projets courts car on peut plus facilement uniformiser les méthodes de travail, où que soient basées les ressources.

Existe-t-il un frein ?

Effectivement. C’est une nouvelle façon de travailler, elle peut se heurter à l’histoire des sociétés. En France, le personnel est très catégorisé et les méthodes collaboratives ont du mal à s’imposer. Mais nous allons y venir : de nombreuses sociétés explorent, consultent, étudient.

Et les forces, quelles sont elles ?

Elles sont énormes. La première est que le travail collaboratif est un formidable levier sur le temps : il fait gagner du temps et donc de la productivité. « Le long terme est fait d’une succession de courts termes ». Pour compresser le long terme, il faut optimiser le court terme. Et ceci est facilité par le travail collaboratif :

Dans l’industrie, au moins 50% de la charge de travail sur un projet n’est pas portée par le donneur d’ordre mais à l’extérieur, par les sous-traitants. Les méthodes de travail collaboratif vont agir sur l’ensemble des intervenants, à l’intérieur comme à l’extérieur de la société, et ce en même temps.

Un exemple : Ingetech commercialise un outil de travail collaboratif, au service de l’innovation , Centric Project de Centric Software. Un contrat a été signé avec Hamilton du groupe United Technologies, un équipementier aéronautique américain de plus de 10 000 personnes. Leurs objectifs : réduire le temps de cycle d’étude de 50% où que soient les ressources et augmenter d’autant la productivité. Cet objectif a été atteint par l’emploi de 1000 puis 3000 accès installés dans tous les sites concernés.

Avec cet outil, la lisibilité en temps réel du projet est complète : analyse contrôle, planning… A tout moment, un retard dans la chaîne est détectable. Le facilitateur de projets va voir directement où se pose le problème pour le résoudre. Des contacts peuvent être pris avec des post-it virtuels par exemple. La force du groupe oblige chacun à suivre et à rattraper son retard le cas échéant. Les problèmes se résolvent de façon non conflictuelle. L’objectif est imposé mais atteint de façon pédagogique.

Cet outil permet également d’enregistrer toutes les séquences qui ont permis d’atteindre l’objectif. Ainsi, les sociétés peuvent imaginer breveter leur processus d’innovation, ce qui est très novateur et très sécurisant. Ce sont les méthodes de travail et le savoir faire qui font la qualité et l’originalité d’un produit, plus que le produit final. Ce sont elles qu’il faut protéger des copieurs.

Quelles peuvent être les conséquences sur l’emploi ?

Il est certain que des emplois vont se créer. Deux nouveaux types de poste vont apparaître :
- l’ingénieur travail collaboratif. Il doit avoir participé à la conception d’un produit et intégré une dynamique projet.
- Le facilitateur de projet. Il aura une fonction d’arbitrage. Il a du recul par rapport au projet et définit une ligne collaborative entre les services. Il est l’animateur de l’équipe.

Quels seront les meilleurs profils pour ces nouveaux types de postes ?

Soit des ingénieurs, soit des chefs de projet.
Dans tous les cas, il faudra des personnes avec une certaine « épaisseur » . Ne pourront prendre ces postes que des personnes très expérimentées, ayant fait de la gestion de projet, bâti des projets, mis en place des méthodologies de travail.

Aujourd’hui, les universités de technologies ( UT) mettent déjà l’accent sur le travail collaboratif. Mais les jeunes ingénieurs devront s’imposer à ces postes, et il leur faudra d’abord acquérir de l’expérience.

Enfin, ces deux postes seront confiés à une personne « de la maison », qui fait consensus entre les équipes et qui a la confiance de la direction générale.

Pour l’apprentissage, les méthodes collaboratives sont fantastiques. Alors qu’avec le travail coopératif, la structure pédagogique est imposée, elle est plus souple avec le travail collaboratif. L’apprenant est soutenu par le groupe entier, il utilise le travail de groupe et ses résultats pour apprendre.

Visitez : www.ingetech.fr et www.centricsoftware.com
 

Alain Morand  alain.morand@ingetech.fr

retour en haut de page
 

 
Travail collaboratif : Les sous-traitants, souvent des PME, suivent-ils ?   



Pour Daniel Robichon, du CTN (Centre des Nouvelles technologies de Basse Normandie), il y a beaucoup d’effets d’annonces. « Les grands donneurs d’ordre développent tous leurs outils de travail collaboratifs mais les PME ne suivent pas forcément le mouvement. Beaucoup sont handicapées car elles sont en bout de chaîne ».
Pour les PME, le minimum est simplement un accès Internet et des emails. Côté logiciel, c’est plus difficile. « Si elles sont équipées des mêmes logiciels CAO que leur donneur d’ordre, il n’y a pas de problème. Sinon, elles doivent passer par des interfaces.
Certains bureaux d’étude sont aussi équipés de viewers, ils peuvent discuter en direct avec le donneur d’ordre en voyant la pièce en direct ».
Le principal problème : les investissements financiers que cela implique et aussi, le changement de méthode de travail.
Pour sensibiliser les PME et PMI au travail collaboratif, Daniel Robichon a organisé un colloque sur « CAO et travail collaboratif » mi-juin. Voir le programme :
 

  http://www.ctn.asso.fr/actualites/42589_1caotrava.pdf

retour en haut de page
 

 
Travail collaboratif : Trois exemples, un même objectif   


Trois donneurs d’ordres, trois modes de travail collaboratif, un même objectif : réduire le temps de conception, améliorer la communication et la circulation de l’information. C’est tout l’enjeu de l’ingénierie simultanée dans laquelle l’industrie françai

PSA : jusqu’à la maquette numérique

Récemment, PSA a fait couler beaucoup d’encre sur sa stratégie de travail collaboratif : le 14 mars dernier, le groupe inaugurait son nouveau portail B2B. C’est une plate-forme améliorée et étendue de son premier intranet développé en 2002. Objectif : faciliter les échanges en entreprise étendue et mieux communiquer avec ses fournisseurs.

Plusieurs axes de développement ont été suivis, dont la « logique projet ». Dans un article du Journal du Net, Daniel Zamparini, Directeur des systèmes d'information de PSA Peugeot Citroën explique : « Le portail est un plateau virtuel au service des projets, qui répond à une volonté du groupe de passer d'une logique d'échange à une logique de partage des informations ».

Plusieurs outils sont à la disposition du groupe et de ses partenaires : messagerie, standards projet, tableaux de bord et maquette numérique (atelier de simulation de conception).

Airbus : collaborer en interne

Le travail collaboratif peut se penser aussi en interne. Chez Airbus par exemple, l’intranet est devenu un outil de travail collaboratif partagé par tous les salariés à travers le monde, soit 52 000 personnes. Il a vu le jour en 2002.

Principal application collaborative, les « e-rooms ». Les participants peuvent y créer, déposer ou modifier des documents. Une seule modification à la fois sur un document et toutes les modifications font l’objet d’une alerte par e-mail. Pour 01net, dans un article de Jean-Marie Portal et Olivier Roberget paru en 2004, c’est « un instrument au service de sa révolution culturelle ».

Autre dimension intéressante de ces e-rooms, la mémoire : « …l'historique du projet, les modifications apportées, les différentes maquettes et versions qui ont amené à la solution finale. "L'intelligence de tout ce qui est dans le travail collaboratif est gardé », note Vincent Leblond - responsable de la gestion de contenu et de la collaboration chez Airbus - dans un article paru sur le Journal du Management début 2005.

Sup@irworld: le portail fournisseur d’Airbus

Faurecia : pour la qualité

Chez Faurecia, on ne parle pas à proprement dit de travail collaboratif mais plutôt de partage de l’information.

Le défi n’en est pas moins grand. Dans un article du Journal du Management, on peut lire Jean-Pierre Bircker, responsable intranet groupe : « En fait, nous avons à faire à un problème de décentralisation, admet Jean-Pierre Bircker. Beaucoup d'informations circulent à différents niveaux, ce qui crée des redondances et des décalages entre les versions des documents. »

C’est pour éviter ses décalages, contraires à la démarche qualité de l’équipementier que des « business groups » ont été créés. L’objectif : que chaque salarié est accès à toutes les informations techniques qui peuvent leur permettre de travailler en respectant les normes essentielles à la démarche qualité, et ce en temps réel.
Les documents partagés sont des bases d’information sur les savoir-faire du groupe et les procédures. Les 60 000 collaborateurs y ont accès et peuvent même intervenir.
 

  

retour en haut de page
 

 
Zoom sur l’ISMAN, l’école de la conception.   

L'Institut supérieur des Matériaux et Mécaniques Avancées est une des rares grandes écoles entièrement tournées vers la conception. Elle forme des ingénieurs et affiche une spécificité très moderne :

L'ISMANS a été créé en 1987 au Mans. Habilitée dès 1992 à délivrer le diplôme d'ingénieur, elle offre une formation professionnelle proche des réalités du terrain. Sa prédilection : la conception des matériaux et des systèmes mécaniques alliée au management et à la création d'entreprise.

Alain Le Mehauté, le directeur, explique : " Nous avons en effet choisi la conception en partant de l'expérience industrielle des deux derniers ( et premiers ) Directeurs de l'ISMANS, ayant constaté la défaillance des formations d'ingénieur françaises en terme de conception et d'innovation. A titre personnel, 20 années de Direction de Projets au sein du Centre de R&D d'Alcatel-Alstom ( désormais Alcatel et Alstom) et de nombreuses inventions m'ont permis non seulement de mesurer ces lacunes mais surtout d'élaborer un projet pédagogique transversal que j'ai pu mettre en oeuvre au sein de l'ISMANS d'abord comme Directeur Scientifique puis comme Directeur. "

L'école veut aussi associer la recherche industrielle pure et la pratique comme la maîtrise des outils informatiques de simulation ou de conception. " Nos étudiants se situent entre la Recherche et Développement radicale et les pratiques d'atelier, plus techniques ".

Deux options sont possibles :
> matériaux et ingénierie de conception
> mécanique et ingénierie de conception.

Pour gagner sa place parmi les 70 proposées à l'ISMANS, il faut avoir un niveau Bac + 2 ou 3 (Maths Spé 70% ou DUT 30%) et passer un concours d'entrée dans les grandes écoles.

Possibilité de se pré-inscrire sur Internet : http://www.scei-concours.org/

Le diplôme d'ingénieur de l'ISMANS (bac+5) offre des débouchés dans tous les domaines industriels (aéronautique, naval, automobile, électrique, télécommunications) mais aussi la pharmacie ou la cosmétologie. Généralement, les diplômés accèdent à des postes de chef de projet et de responsable d'équipe dans des cellules de recherche et développement ou des bureaux d'études ou de calcul. Certains choisissent la création d'entreprise ou l'expatriation.

En effet, 15% des " ismanciens " partent à l'étranger notamment au Québec, au Canada et aux Etats-Unis puisque l'école est étroitement liée à l'Université du Québec.

L'ISMANS a aussi un département " formation continue " notamment avec le Master de management international par projet qu'elle ouvre en septembre 2004 (accréditée par le Project Management Institute http://www.pmi.org ). 4 axes d'apprentissage : mécanique non linéaire, mécanique quantique, informatique et management de projet.

 

  http://www.ismans.univ-lemans.fr/

retour en haut de page
 

 
Présentation de Bombardier Transport   

Frédéric Clausier, responsable du recrutement et de la mobilité interne chez Bombardier Transport :

- Pouvez-vous nous présenter votre groupe et vos activités ?

Bombardier Transport en France développe ses activités à partir du site de Crespin, dans le Valenciennois, qui emploie plus de 1800 personnes. Sur le marché français, Bombardier Transport participe à l'ensemble des programmes de TGV et développe une large gamme de matériels destinés aux transports publics. Parmi ces produits, on trouve les métros fer parisiens MF 88 et MF 2000, les tramways de Strasbourg, Nantes et Saint-Etienne, les tramways sur pneus de Caen et Nancy, les véhicules récents du réseau RER ou encore les automotrices de transport régional TER2N NG. En décembre 2001, Bombardier Transport a signé avec la SNCF un marché pour la fourniture de 500 Trains Express Régionaux de type Autorail Grande Capacité (AGC) destinés aux Régions françaises.

Bombardier Transport est le chef de file mondial dans la fabrication et les services de matériel de transport sur rail. Sa vaste gamme de produits inclut les véhicules de transport-passagers ainsi que des systèmes de transport intégrés. Le groupe fabrique également des locomotives, des wagons à marchandises, des systèmes de propulsion et de contrôle et fournit des systèmes de contrôle ferroviaire.

Bombardier Inc., société manufacturière et de services diversifiée, est un chef de file mondial dans la fabrication d'avions d'affaires, d'avions de transport régional, de matériel de transport sur rail ainsi que de produits récréatifs motorisés. Elle offre également des services financiers et de gestion d'actifs dans des secteurs liés à ses compétences. La Société, dont le siège social est situé à Montréal au Canada, compte des effectifs de quelque 80 000 personnes dans 24 pays en Amérique du Sud et du Nord, en Europe et en Asie-Pacifique. Son chiffre d'affaires pour l'exercice clos le 31 janvier 2002 s'élevait à 21,6 milliards " CAN. Les actions de Bombardier se négocient aux bourses de Toronto, de Bruxelles et de Francfort (BBD, BOM et BBDd.F).

- Quels sont les postes et les qualifications les plus recherchés ?

Nous recrutons principalement dans trois familles de métier : Production, Etudes et fonctions support.

Pour nos collaborateurs des bureaux d'études, nous recherchons des professionnels de la conception mécanique et électrique sous CATIA V.4. 22., nous apprécions les candidats issus de l'industrie automobile, d'équipementiers auto ou, bien évidemment du ferroviaire. L'anglais est notre langue de travail et sa maîtrise est un vecteur indéniable de réussite au sein de Bombardier. Enfin, l'esprit d'équipe, le sens de l'engagement, la flexibilité, le souci permanent de satisfaction de la clientèle et un bon niveau de flexibilité sont impératifs pour rejoindre le Groupe.

- Comment s'opère la mobilité interne chez Bombardier ? Y-a-t'il des possibilités de mobilités internationales ?

Nous ne concevons pas les évolutions de carrière comme étant exclusivement hiérarchiques. Au contraire, nous favorisons la mobilité fonctionnelle. Ainsi, un collaborateur pourra évoluer chez Bombardier des études aux achats, en passant par les méthodes et /ou la gestion de projets. Quant à la mobilité internationale, notre site français en est la meilleure vitrine : de nombreux collaborateurs du site viennent d'Amérique du Nord, du Canada, de Grande Bretagne, ou reviennent de Chine, de Mexico, de Montréal… Nous pratiquons le brassage culturel et la mobilité internationale ouvre les portes de carrières à l'export plus qu 'enrichissantes.  

  http://www.transportation.bombardier.com/

retour en haut de page
 


 
L'apprentissage dans les formations d'ingénieurs   

L'apprentissage : une forme de pédagogie longtemps boudée par les écoles d'ingénieurs.

depuis plusieurs années, les expériences se multiplient, sous l'oeil bienveillant de la Commission des Titres d'ingénieurs. Un exemple avec l'ISEP (Institut supérieur d'électronique de Paris), lancée dans l'aventure depuis 1996 et qui ouvre un nouveau cursus à la rentrée 2003/2004.

CAO-emplois.com : Quels élèves sont concernés par ce cursus en apprentissage ?
Michel Ciazynski (directeur de l'ISEP) : Sur ce nouveau projet justement, c'est le type de recrutement qui change. Nous ouvrons cette formation d'ingénieurs apprentis aux élèves issus de DUT (génie électrique, informatique industrielle, mesure physique et génie des télécoms et réseaux) et de prépa AIS (une année de préparation après le BTS). Ceux-là entrent en première année et en parallèle, des personnes issues de prépa traditionnelle ou de prépa intégrée les rejoindront en deuxième année. Au total, une quarantaine d'élèves suivront cette formation.

CAO-e. : Les secteurs d'activités de l'ISEP ont-ils un besoin particulier en formation en alternance ?
M.C : pas spécialement. Pour les élèves issus de DUT, c'est une formation plus adaptée car ils sont habitués. Dans le secteur informatique, ils pourront se confronter aux outils et à la pratique. Ils auront également touché à l'environnement projet. Intégrés dans une équipe, ils découvriront une méthode, un projet en entreprise.

CAO-e. : Quels retours avez-vous de la part des élèves et des entreprises ?
M.C : Les élèves sont globalement très contents de pratiquer et de découvrir le fonctionnement d'une entreprise. Ils gagnent de la confiance et découvrent le métier d'ingénieur sur le terrain.
Quant aux entreprises, " on répond à leur rêve ". Les responsables affirment même qu'ils considèrent les apprentis comme des jeunes ingénieurs et non pas comme des étudiants.

CAO-e. : Du coup, on peut se dire que cette expérience manque aux ingénieurs qui suivent un cursus traditionnel ?
M.C : Oui et non. Chaque type de formation a ses avantages et ses inconvénients. Si les cursus traditionnels manquent de pratique sur le terrain, ils ont une expérience à l'international dont ne bénéficient pas les apprentis. D'autres ne se sentent pas près à affronter l'entreprise tant qu'ils n'ont pas acquis toutes leurs bases théoriques. Chaque élève choisit la formation qui lui convient.

CAO-e. : Pouvez-vous, pour fournir, nous citer les entreprises qui accueillent vos apprentis ?
M.C : Elles sont nombreuses. Dans le domaine industriel, nous pouvons citer les dernières arrivées : Renault, PSA, Thalès, EADS ou encore la Snecma.

 

  

retour en haut de page
 

 
Club francophone des utilisateurs de Catia.   

Interview de Marc Hittinger, président du GFUC

- Qui sont les membres du Club francophone des Utilisateurs de Catia et quels sont leurs objectifs en adhérant ?

La majorité des grands comptes constructeurs automobiles français : PSA, Renault, RenaultF1, Matra Automobile. On trouve aussi les équipementiers (Faurecia, Valeo, Michelin, Autoliv), l'aéronautique (EADS, Dassault Aviation, Thales, les sociétés du groupe Snecma). On trouve aussi le ferroviaire avec Alstom Transport, le nucléaire (CEA), l'armement avec GIAT Industries, d'autres domaines mécaniques comme Alstom Power, les Constructions Navales de Normandie, Bosch, de nombreux bureaux d'études: (Retec, Ratier Figeac), des écoles et universités: ENS de Cachan, les ENSAM, INSA de Lyon, les lycées techniques.
Enfin, les prestataires autour de CATIA : Cenit, Atthis, feu EADS Matra Datavision, Avenir Conseil...

Certaines sociétés (Staubli, Guy Degrenne) ne sont pas membres mais participent à nos réunions régulièrement.

Les objectifs sont ceux de la raison de la fondation de l'association en 1989 : échanger sur le thème des produits CATIA (mais aussi maintenant Enovia, Delmia et SmarTeam), faire profiter à tous des expériences de chacun, avoir du poids pour des évolutions vers l'éditeur Dassault Systèmes et le distributeur IBM.

- Qu'apporte le Club à ses membres, en tant qu'individus et en tant que sociétés ?

Un benchmarking important sur le thème de CATIA : la journée CATIA V5 de mai 2002 ne comportait que des exposés des utilisateurs sur la V5, où ils montraient ce qui marchait, ce qui marchait moins bien. Chacun a pu s'exprimer. Plus de 120 personnes de nombreux comptes y ont participé.
Le GFUC est aussi un catalyseur pour rencontrer des collègues d'autres sociétés qui travaillent sur le même thème. De nombreux participants se voient souvent après entre deux sociétés.

Au niveau international, le Club a tissé des liens assez étroits avec son équivalent américain le COE (voir www.coe.org). Nous avons aussi eu des relations avec les clubs européens : SCAF (Scandinavie) et CEG (Automobile Allemande). Ces informations de benchmarking sont aussi fournies aux membres dans les comptes rendus de l'Assemblée Générale.

- Comment expliquez-vous le succès des clubs d'utilisateurs dans votre secteur d'activité ?

La CFAO coûte chère dans nos sociétés (licences, équipements, formation), nous sommes tous à la recherche de benchmarking pour ne pas nous tromper, faire les bons investissements au bon moment (CATIA V5, stations Intel en ce moment). Le GFUC est là pour aider à ce genre de décisions.
Même si nous avons de bonnes relations avec Dassault Systèmes et IBM, nous savons garder notre esprit critique, et construire avec eux l'avenir des outils CATIA, VPM... sur lesquels nous avons investi des sommes importantes.
Nous établissons une relation de gagnant/ gagnant où l'utilisateur est satisfait et l'éditeur gagne des parts des marchés.
Dans le monde de la CFAO, nous avons vu disparaître de nombreux acteurs: Cisigraph, Computervision, SDRC, Matradatavision. Nous sommes plutôt contents d'avoir fait un bon choix sur Catia, un éditeur qui a résisté peut-être avec l'aide des Clubs utilisateurs.

 

  http://www.gfuc.asso.fr/

retour en haut de page
 

 
Vers un campus numérique en mécanique   

Un réseau national des plus grandes écoles et universités d'ingénierie mécanique est en train de prendre vie sur le web autour d'un projet commun de grande envergure :

mecagora.org, un espace de elearning entièrement dédié à la mécanique.

Interview du co-pilote du projet, Claude Philip, professeur à l'ENSAM de Bordeaux.


CAO-Emplois.com : Pouvez-vous nous présenter les objectifs du campus numérique mecagora.org ?
Claude Philip : il s'agit d'un campus numérique pour la formation initiale et continue. Il couvrira les grands domaines de la mécanique - générale, matériaux, conception, fabrication et contexte industriel - et couvre la formation d'ingénieurs. Au total, nous aimerions mettre en ligne 40 modules mais pour l'instant, nous sommes en phase de test. Nous comptons avoir trois modules opérationnels à la fin de l'année et une dizaine de modules dans un an.


CAO-Emplois.com : Quels sont les avantages d'une formation elearning pour les élèves et les entreprises ?
C.P : Nous savons que les attentes des entreprises sont grandes en la matière. Envoyer son personnel en formation coûte cher et prend trop de temps. Avec l'elearning, ils gardent leur personnel sur le lieu de travail et doivent simplement aménager des horaires de formation.
Quant aux élèves, ils accèdent à un cours d'un spécialiste qui n'est pas forcément sur leur site de formation initiale, ils peuvent travailler à leurs rythmes et ont à disposition des connaissances plus exhaustives et plus variées. Enfin, ils bénéficient d'une formation hyper personnalisée.
Concrètement, les élèves devront s'inscrire au campus via le CNED et pourront choisir les modules selon leurs besoins, comme par exemple une formation CAO.

CAO-Emplois.com : Comment voyez-vous l'avenir de ce projet ? Y croyez-vous ?
C.P : Bien sûr, nous y croyons surtout en matière de formation continue, l'intérêt des industriels pour ce type de service va grandissant. Malheureusement, un tel projet est difficile à mettre en place dans la mécanique. Les modules coûtent cher (besoin de beaucoup d'images numériques) et la cible est relativement limitée. Rien à voir avec le nombre de personnes intéressées par des cours d'anglais ! Mais les avantages sont tellement évidents pour tout le monde que l'on y croit. En répondant à leurs besoins spécifiques, nous comptons aussi particulièrement sur les industriels pour financer de nouveaux modules.

 

  http://www.mecagora.org

retour en haut de page
 

 
Les universités d'été   

Interview avec Alina Besançon-Voda (organisatrice des universités d'été et enseignant-chercheur au Laboratoire d'Automatique de Grenoble)

CAO-emplois : pouvez-vous nous expliquer ce qu'est une université d'été ? Est-ce une forme de formation continue ?
Alina Besançon-Voda : Avec les universités d'été, on se situe plus dans un cours intensif que dans une formation continue. Elles portent sur des enseignements avancés et des thématiques très spécialisées. Leur public doit posséder des pré-requis, de fortes connaissances scientifiques ou techniques. Sans notes ni examens, l'école d'été est l'occasion d'approfondir ses connaissances.

En quoi intéressent-elles les industriels, leurs ingénieurs ou leurs centres de recherche ?
Les industriels sont concernés lorsqu'elles abordent des recherches appliquées. Ils assistent aux écoles d'été pour faire une veille technologique et se tenir au courant des avancées scientifiques dans leur domaine. Ils pourront être amenés à appliquer ses connaissances chez eux à court ou long termes.
Pour eux, c'est une autre vision des choses, moins commerciales et plus dans l'esprit de la recherche. Et dans certains cas, les écoles d'été débouchent sur des contrats de recherche avec ces industriels.

Cette année, le LAG aborde la modélisation et la commande de véhicules automobiles. C'est un thème très appliqué.
Tout à fait, d'ailleurs, des industriels viendront présenter leurs réalisations. L'automatique prend de plus en plus de place dans la conception de voitures (environnement, confort, sécurité et réduction du temps de conception). Cela soulève des questions scientifiques et techniques qui seront au coeur de notre université d'été. Les ingénieurs, les chercheurs et les décideurs du secteur automobile sont tous concernés par ces recherches.

Pour vous inscrire à l'université d'été du laboratoire d'automatique de Grenoble, consultez le site Internet de la manifestation : http://ecole-ete-auto.ensieg.inpg.fr/. Les dossiers sont acceptés jusqu'à la mi-juillet.

 

  http://ecole-ete-auto.ensieg.inpg.fr

retour en haut de page
 

 
Le travail collaboratif   

Interview avec Laurent VARET (consultant chez IBM)

CAO-emplois : Expliquez-nous ce qu'est le travail collaboratif et comment il s'applique à l'informatique industrielle ?

>> Laurent Varet : Le travail collaboratif n'a rien de nouveau. Il revient sur le devant de la scène du fait du contexte des entreprises industrielles de plus en plus éclatées (entreprises étendues), des compétences multiples réparties et complémentaires, de la technologie croissante des produits et des nouvelles possibilités technologiques (notamment Internet).
De façon générale, il s'agit de partager des compétences et de l'information réparties dans l'entreprise, ses différents services et ses partenaires et de fluidifier - tout en contrôlant - les processus d'échange. L'objectif ultime étant de favoriser l'innovation et de réduire les temps de mise sur le marché.
Cela va de la simple messagerie électronique au portail d'entreprise, où l'on peut vouloir intégrer tous les grands domaines / process de l'entreprise qui doivent communiquer et avancer ensemble (PLM, CRM, SCM, ERP).
Dans le domaine du "PLM" ou gestion du cycle de vie du produit, on distingue un besoin de collaboration autour de la représentation numérique du produit (données CAO) - on parle de maquette virtuelle - et du processus de co-conception "en contexte". L'objectif est de permettre à plusieurs partenaires d'intervenir et d'évoluer sur les mêmes données numériques de façon le plus synchrone possible. Cette notion de synchronisme est importante pour assurer la pertinence des données partagées dans le processus de "conception collaborative".
L'autre besoin de collaboration dans le domaine du PLM est plus orienté gestion de projets et mise sous contrôle des processus (par exemple, suivi de l'avancée des projets et gestion des circuits de validation). C'est le domaine des "workflow" et des outils PDM et cPDM ("c" pour collaborative)

CAO-emplois : C'est un changement important pour toute la chaîne de production. Comment sont accueillis ces changements dans les différentsservices ?

>> L.V : Effectivement, le travail collaboratif modifie la façon de travailler. Mettre en place un environnement de travail collaboratif n'est pas qu'une question de technologie innovante, c'est surtout une question de méthode et d'organisation. Il est très fréquent de rencontrer des réticences pour partager de l'information avec des collaborateurs, surtout si elle n'est pas complètement validée, en cours de travail. C'est tout l'enjeu de l'accompagnement et de l'éducation. Dans ce cadre, il est impératif de faire comprendre à tout le monde que chacun est gagnant et que cela va permettre un gain de temps énorm